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Un conseil communal qui illustre nos propos

Prairie communale à Tricointe

Le Conseil Communal de ce mardi 24 avril s’est déroulé dans une ambiance à certains moments très tendue.  Mais derrière la nervosité des uns et des autres, la façon dont les points de cet ordre du jour copieux ont été traités (télécharger l’ordre du jour en cliquant ici) par la majorité illustre bien nos réflexions relatives à la gestion de la Commune d’Yvoir.

Plusieurs points ont cependant pu être traités et approuvés à l’unanimité, témoignant du souci de l’intérêt commun manifesté par l’opposition.  Citons:

  • L’approbation des rapports de gestion de plusieurs associations de la commune (La Victorieuse, le Syndicat d’Initiatives et le GUAP (points 2, 3 et 19)
  • Convention avec l’ASBL «Patrimoine Ferroviaire et Tourisme» en vue de faciliter le développement des activités de cette asbl en gare de Spontin (point 6)
  • Approbation de travaux de réfection de la rue du Bouchat à Spontin (point 8)
  • Divers marchés publics d’achat (points 9, 10, 11).
  • Des points divers -notamment de contentieux- comme les points 14, 16 et 17.

Les autres points éclairent sous un jour moins favorable le mode de fonctionnement du Collège Communal.

  1. Une approche qui souvent pèche par manque de professionnalisme…

Les points 1 (octroi des subsides aux associations), 4 (location de gré à gré d’un terrain agricole avec droit de chasse), 5 (location de gré à gré de terrains agricoles), 12 (achat de matériel pour le nouvel arsenal des pompiers), 13 (achat de jeux pour la ludothèque) et 15 (ester en justice pour un droit de passage à Fumy) en sont un nouveau témoignage.

L’octroi des subsides aux associations (point 1) ne porte généralement pas sur des sommes gigantesques.  Il est néanmoins surprenant de constater que l’échevine en charge n’est pas en mesure de justifier les montants alloués à deux clubs de foot.  Elle s’est en effet basée sur les déclarations des présidents tout en reconnaissant ne pas connaître les équipes de jeunes concernées.  Notre groupe s’est bien sûr abstenu sur ce point.

La majorité, en approuvant sans sourciller les points 4 et 5, semble faire peu de cas de la législation très spécifique sur la location des terres agricoles.  La mise en location de biens ruraux d’une commune doit en effet se faire par soumission publique (loi du 4 novembre 1969).  Cette procédure n’a pas été suivie ici.  Les explications données par le Collège pour justifier une éventuelle dérogation étaient tout à fait confuses.  Tout ceci est d’autant plus inquiétant que le point 5 concerne la location en bail à ferme au candidat repreneur de la Ferme de Tricointe.  Comme nous le craignions, le Ministre Furlan a vivement conseillé à la Commune d’annuler la vente de la Ferme de Tricointe à la société «Bon Baron».  Une nouvelle procédure de mise en vente avec publicité de la Ferme sera donc proposée au prochain Conseil Communal.  Espérons que ce nouveau rebondissement se traduise par une amélioration des recettes pour la Commune et pas par des indemnités à verser à l’une des parties qui s’estimerait lésée…  Un point qui aurait utilement pu être négocié dans le cadre de la location des terres agricoles dont il vient d’être question…  Abstention de la Relève sur ces deux points.

La lecture du cahier des charges prévu au point 12: il prévoyait l’installation d’une cuisine d’une valeur de 20.000€ pour le nouvel arsenal… Un montant si étonnant que l’échevin présidant la séance proposa d’emblée de reporter le point…

Le cahier des charges relatif à l’achat de jeux pour la ludothèque communale (point 13) se distingue lui par son imprécision.  Il est demandé aux candidats «vendeurs» de faire des propositions de jeux et de matériels.  Curieuse manière de lancer un marché… Il était pourtant simple de confectionner le cahier des charges après avoir consulté et pris l’avis de spécialistes en orthopédagogie.  Ce type de compétence existe par exemple dans l’une des Hautes Ecoles de Namur…  La Relève s’est ici aussi abstenue.

Notre commune vient de perdre un procès qui l’opposait à des propriétaires privés empêchant la circulation sur une voie utilisée par le public et entretenue par la Commune depuis plusieurs dizaines d’années (point 15: autorisation d’ester en justice pour droit de passage à Fumy).  Les raisons de cet échec tiennent à une mauvaise présentation du dossier devant le tribunal.  Le Collège a donc proposé de relancer une nouvelle action sur des bases plus solides… Notre groupe a approuvé le principe de cette nouvelle action en justice mais a exigé que le Collège se fasse appuyer par un conseil compétent dans la matière concernée…

  1. Une approche pas toujours dynamique…

Le point 7 (mise en oeuvre d’une zone d’activité économique au Quesval à Spontin) a été approuvé sur tous les bancs du conseil communal.  Il est néanmoins regrettable que, par manque de pro-activité dans le dossier des Sources, on en soit réduit maintenant à devoir créer une nouvelle zone d’activités économiques alors qu’une zone d’activités industrielles existante, équipée et bien située, va servir à héberger de vieux carrosses.  C’est d’autant plus regrettable que Spontin a été retenu comme «noyau d’habitat» potentiel de la commune et que le terrain du Quesval pourrait aussi être affecté à l’habitat.

Au point 18 (modification du programme triennal de travaux suite à un courrier du Ministre), l’opposition s’est réjouie de l’octroi d’un subside supplémentaire de 100.000€ par la Région Wallonne.  Ce subside ira aux travaux de réfection de la rue du Maka et de la cour du CPAS  (total de +/- 160.000€).  L’opposition a approuvé le principe de ces travaux mais s’est interrogée sur les raisons de ce choix et son degré de priorité par rapport à d’autres voiries dégradées.

Dans le domaine du logement public (interpellation de la Relève), le Collège a invoqué les multiples raisons pour lesquelles les suggestions faites par notre groupe (Plein Soleil à Godinne, Agence Dexia à Spontin, Bonne Auberge à Bauche) étaient difficiles à mettre en place.  Nous sommes conscients que le montage de tels dossiers n’est pas facile mais nous pensons aussi que la situation d’Yvoir mériterait une approche plus volontariste (plusieurs exemples d’immeubles anciens transformés par des privés en «dortoirs» pour personnes précarisées, problèmes d’habitat permanent, coût du logement, etc.).

Dans deux autres dossiers encore, le Collège -et nous nous en réjouissons- réagit après des interventions énergiques de la Relève (accord de principe pour aménager deux locaux de classe supplémentaires à l’école de Durnal et accord pour exiger de la Région une prolongation jusqu’à Godinne de la voie propre pour piétons tracée à hauteur du quai de chargement).

L’opposition a aussi profité de ce conseil communal pour remettre au Collège un pack de documentations offert par la Ligue des Familles lors de l’opération «ça passe par ma commune» de ce dimanche 22 avril 2012.  Une manifestation où aucun membre de la Liste du Bourgmestre n’avait pu être présent.

  1. Une certaine conception de la démocratie et de l’éthique…

La Relève avait proposé, dans le cadre de la campagne électorale 2012, d’établir des règles claires en matière d’utilisation des salles communales à des fins électorales.  On aurait pu imaginer que chaque liste ait ainsi pu disposer gratuitement durant la campagne d’une salle communale durant une soirée.  Après avoir fait semblant de croire que la Relève demandait ce privilège pour elle-même seulement, un échevin a clairement refusé cette proposition.  Il a cependant suscité un gros émoi sur tous les bancs lorsqu’il a cité «le Bal du Bourgmestre» comme exemple d’événement politique pour lequel sa liste payait aussi une location.  Un lapsus révélateur ou malheureux…

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