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La peur…

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Le conseil communal d’Yvoir de ce lundi 18 mai 2015 s’est terminé dans une ambiance plutôt électrique…

il faut reconnaître que l’examen et la discussion des points inscrits par le Collège a déjà nécessité une grosse paire d’heures.

  • Les comptes 2014

Le Conseil a d’abord pris connaissance et approuvé à l’unanimité les comptes communaux pour l’année 2014.  L’année passée s’est clôturée pour notre commune par un résultat budgétaire à l’exercice propre en boni de 842.207,94 €.  Nous nous sommes bien sûr félicités de ce très bon résultat mais nous avons néanmoins souhaité en discuter plus en profondeur la composition et en tester le caractère pérenne ou non.

L’année 2014 se caractérise pour notre commune par la conjonction de plusieurs facteurs extérieurs positifs (dotation plus importante du Fonds des Communes, recettes en hausse pour les additionnels à l’impôt des personnes physiques), d’une maîtrise des dépenses de fonctionnement et de personnel ainsi que d’une augmentation très sensible des taxes locales (décidées par la commune).

La plus emblématique de ces taxes est celle portant sur l’entretien des égouts.  Nous en avions refusé l’instauration le 26 août 2013.  Il apparaît aujourd’hui que cette taxe a rapporté à la commune plus de 140.000€ en 2014 mais aussi de nombreux litiges et contestations.  Nous avons répété qu’une augmentation de l’additionnel à l’impôt des personnes physiques de 0,5% (de 7,5% à 8%) eût été plus juste -puisque proportionnel aux revenus des citoyens et ne donnant pas le sentiment d’un double prélèvement pour l’assainissement des eaux- et plus efficace pour les finances communales -moins de difficultés administratives, de litiges et une recette de 194.687€-.  On peut encore ajouter qu’elle eût été plus « honnête » dans la mesure où elle ne se cachait pas et disait clairement son nom.

Nous avons également attiré l’attention du Conseil sur l’évolution surprenante (et pas vraiment expliquée) des dépenses nettes de personnel (dues à une forte augmentation des subsides).  Ceci participe aussi aux bons résultats 2014 mais la non-compréhension des origines du phénomène ne permet pas d’en tirer des conclusions pour l’avenir.

Seul point qui nous semble incontestablement positif: la meilleure maîtrise des dépenses d’électricité et de chauffage, résultat dû plus que probablement au travail du conseiller en énergie de la commune et de toute l’administration communale.

  • Modification budgétaire n°1 pour 2015

Nous sommes restés dans le domaine financier avec une première série de modifications apportées tant au budget ordinaire qu’extraordinaire de 2015.  Ayant relevé plusieurs imprécisions (subsides à la Maison des Jeunes, à la Maison du tourisme de Dinant, absence de crédits pour le remboursement des crédits consentis pour la construction de l’Arsenal des pompiers, etc.), nous nous sommes abstenus sur les modification à l’ordinaire.  Nous avons rejeté les modifications à l’extraordinaire pour plusieurs raisons:

  • il y était question d’acter l’augmentation déjà discutée au Conseil du coût du nouvel atelier communal (250.000€ !)
  • le collège était incapable d’expliquer de manière claire une augmentation de 58.000€ des frais d’études dans le cadre de la rénovation du corps de logis de la Vieille Ferme
  • le même problème se posait pour l’inscription au budget de 20.000€ de frais d ‘études en vue de l’extension de terrains de sport (lesquels ? pour quoi faire ? pourquoi pas une étude plus globale sur la problématique des infrastructures sportives à Yvoir, etc.)
  • nous avons regretté une nouvelle fois l’absence de budgets pour lancer les premières études relatives à deux gros dossiers prioritaires du PCDR: la maison de village de Godinne et les bords de Meuse
  • etc.
  • Recrutement d’un Directeur Général pour la commune d’Yvoir

Après une longue carrière à la commune, Jean-Pol Boussifet, Directeur Général (anciennement le « secrétaire communal ») de la commune d’Yvoir va prendre sa retraite le 1er décembre 2015.  Il est donc plus que temps de se préoccuper de la désignation de son successeur… Classiquement, il existe trois modes de désignation pour un tel poste: le recrutement (examen ouvert tant à des candidats internes qu’externes à l’administration communale), la promotion (examen interne à l’administration communale et réservé au personnel statutaire) et la mobilité (un Directeur Général d’une autre commune se porte candidat).  Le Collège a ici choisi de ne retenir que la voie interne estimant qu’il y avait suffisamment de bon(ne)s candidat(e)s en interne.  Une constatation que nous ne contestons certainement pas !  Mais, pour nous, cette constatation ne justifie en aucune manière de ne pas aussi ouvrir le poste à des candidats externes.  Il s’agit de la fonction-clé par excellence de l’Administration communale qui est aujourd’hui une grosse PME employant plus d’une centaine de collaborateurs.  Ce n’est pas un luxe inutile de se donner, à cette occasion, le choix le plus large possible de candidat(e)s.  Nous défendons aussi ce choix car, dans l’hypothèse où un candidat interne est choisi, sa désignation bénéficiera auprès de tout le personnel d’une crédibilité d’autant plus solide qu’il / elle aura été choisi(e) parmi de nombreux candidats, y compris externes.

Dans le cas d’espèce, nous sommes aussi choqués par le fait que le choix défendu par le Collège ferme tout accès à la fonction à un membre du personnel (non statutaire) à qui, au cours des dernières années, il a été demandé à plusieurs reprises de remplacer le Directeur Général absent.  Il s’agit là d’un manque de correction qui frise la grossièreté.

Les justifications apportées par le Bourgmestre ne nous ont pas convaincus.  Elles respiraient la peur: peur des recours, peur de l’extérieur et de l’inconnu, peur d’être taxé de vouloir favoriser telle ou telle personne… Ici, comme à bien d’autres moments de ce conseil, nous avons exigé un minimum de courage politique et d’esprit d’entreprise pour nous convaincre que le salaire des nos bourgmestres et de nos échevins était autre chose que le « salaire de la peur ».

Nous avons bien sûr rejeté catégoriquement cette proposition, approuvée majorité contre opposition.

  • Plusieurs marchés de travaux

Le Conseil a approuvé à l’unanimité une série de marché de travaux ou de fournitures: éclairage de la rue de la Brasserie à Purnode (dans le cadre du Plan Communal de développement Rural); réfection électrique de l’Eglise d’Yvoir (notre groupe a, une nouvelle fois… « vox clamanti in deserto, »- demandé que cette belle église, bien située au coeur du village, participe de manière permanente à l’opération « Eglises Ouvertes »); achat et pose d’un module « gymnastique »    pour l’école de Spontin; achat et pose d’un module « local d’accueil et d’accompagnement social » au parc Résidentiel de la Gayolle; aménagement d’un local pour l’ONE dans l’ancienne maison communale de Dorinne; achat d’une borne interactive et de matériel pour un point d’accueil population – touristes à Spontin; etc.

Notre vote ne nous a pas empêché de soulever certaines questions.  Nous avons, par exemple, une fois de plus constaté, le manque total de préparation et de vision prospective des échevins en charge d’un dossier comme celui de l’aménagement du point d’accueil de Spontin.

  • Logement

L’évocation du Plan d’Actions pluri-annuel relation à l’habitat permanent dans les zones touristiques (essentiellement la Gayolle dans le cas d’Yvoir) nous a permis de féliciter une nouvelle fois la Présidente du CPAS et son équipe CPAS-Commune pour le bon travail accompli dans ce domaine.

  • Les points introduits par la Relève

Nous avions demandé  d’inscrire à l’Ordre du Jour de ce conseil cinq points:

  1. La situation de la zone DinaPhi
  2. Le suivi du dossier de la plaine de jeux de Godinne
  3. La problématique du stationnement sur la place de l’Hôtel de Ville
  4. Une demande d’informations relative à un projet de Centre des Arts Européens (?) sur une partie du site des Sources de Spontin
  5. Une motion relative aux négocations du Traité Transatlantique sur le Commerce et l’Investissement.

Souvent déçus par les réponse « molles » de la majorité face aux problèmes que nous soulevons, nous avions cette fois fait le choix de déposer deux motions « prêtes-à-être-votées ».

Désignation d’un commissaire de la province dans la zone DinaPhi

Sur le fond, notre analyse est très simple.  La mise en place de la zone DinaPhi est une opération complexe et lourde à gérer sur tous les plans: financiers, opérationnels, logistiques mais aussi et surtout humains.  Il existe aujourd’hui de nombreux indices convergents qui démontrent que la mise en place de cette zone ne se passe pas bien: problème lié à une trop grande concentration du pouvoir entre les mains de quelques uns, manque de prise en compte de la réalité des postes constitués principalement de volontaires, démotivation de nombreux pompiers, risques de dérapages financiers dans des projets tels que le COSYS (centre d’appel) ou encore l’aménagement d’une nouvelle caserne centrale sur  la base de Baronville, etc.  Cette situation risque finalement de se traduire par une diminution du niveau de protection des 170.000 habitants de la zone.

Face à cette situation, nous avons simplement proposé que le Conseil communal, à l’unanimité, demande au Gouverneur de la province, de déléguer, auprès du management de la zone de DinaPhi un « commissaire », affecté à temps plein à cette tâche, disposant de vraies compétences dans les domaines de l’organisation des secours et dans le domaine du management, capable de s’élever au-dessus de certaines « guerres de chefs locaux » et chargé d’épauler la direction de la zone de manière professionnelle.  Nous avions bien précisé qu’il ne s’agissait nullement de mettre la direction de la zone sous tutelle mais bien de lui fournir une aide efficace pour surmonter les difficultés actuelles.

Le bourgmestre a justifié le refus de la majorité (du moins d’une partie d’entre elle) de voter cette motion par le fait qu’il craignait (vous avez dit « la peur » ?) que la commissaire d’arrondissement ne considère cette proposition comme une critique implicite de son action.  Nous avons expliqué longuement que la mission et le rôle assignés à ce « commissaire spécial » ne s’assimilait en rien à ceux de la commissaire d’arrondissement qui n’a bien sûr ni les moyens, ni le temps de se consacrer totalement à l’accompagnement pratique de la mise en place de la zone.  Elle s’y engagerait qu’elle se trouverait d’ailleurs immédiatement devant un problème de conflit d’intérêt.  Nous aurions bien sûr pu changer le titre de ce « commissaire spécial » et le baptiser « envoyé spécial » ou « conseiller spécial » mais nous sentions bien que tout cela n’était au fond pas le problème.

Le fond du problème est la peur, au sein de la majorité, d’une opposition trop volontariste et qui travaille.   Plutôt que de voter la motion, il fallait d’urgence « noyer le poisson » et/ou « gagner du temps ».  Le bourgmestre a donc proposé la création d’une commission technique rassemblant des représentants de la majorité, de l’opposition et des pompiers d’Yvoir afin d’établir une liste de questions à poser au Président de zone.  Si une telle proposition est suivie d’effet, nous y participerons bien sûr activement mais nous pensons que cet exercice a déjà été fait et qu’une action de ce type au niveau d’une seule commune est vouée à l’échec.

Nous avons demandé de passer au vote: les 6 membres de la Relève ont voté la motion, 2 membres de la Liste des Bourgmestres se sont abstenus, de même que le conseiller indépendant et le conseiller EPY tandis que le Collège et 3 conseillers de la Liste des Bourgmestres votaient contre.  Les pompiers présents dans la salle ont bien sûr ressenti ce vote comme un camouflet vis-à-vis de leur engagement quotidien au profit de la sécurité de nos concitoyens.

Traité Transatlantique sur le Commerce et l’Investissement

Notre groupe, sensible aux conséquences possibles des négociations de cet important traité commercial pour nos petites entreprises et nos producteurs locaux, a introduit une motion très modérée visant à répercuter auprès de nos décideurs régionaux, fédéraux et européens, les craintes de nombreux citoyens et l’exigence du maintien d’un cadre robuste de protection des consommateurs, des travailleurs et de l’environnement.  La motion demandait aussi que les autorités belges organisent un vaste débat avec tous les acteurs concernés en vue d’améliorer la transparence des négociations et la prise en compte des intérêts de la société civile et pas seulement celui des multinationales.

Ici encore, le Collège pouvait difficilement accepter sans autre forme de procès un texte proposé par l’opposition.  Un membre du Collège – futur bourgmestre pressenti – a donc sorti de son chapeau un lapin blanc sous la forme d’un texte (tout à fait respectable) de l’Union des Villes et des Communes de Wallonie.  Texte respectable mais totalement axé sur la situation des pouvoirs publics et beaucoup moins sur la problématique globale du Traité… Après quelque minutes de palabres, il fut tout de même convenu qu’un représentant du Collège et un de l’opposition prépareraient ensemble un texte commun pour un prochain conseil communal…

Si le Collège n’avait pas été, une fois encore, paralysé par la peur de faire le jeu de l’opposition, il aurait pu lancer cette piste quelques jours avant le conseil communal de manière à venir en conseil avec un texte commun… Mais cela, à Yvoir, c’est de la politique-fiction !

Les travaux à la Plaine de Jeux de Godinne

Nous avons déjà évoqué à plusieurs reprises ce dossier.  Ce que nous annoncions en février de cette année s’est effectivement réalisé: le SPF Economie, après une inspection de la Plaine, a obligé la commune à prendre des mesures d’urgence visant à interdire effectivement l’accès des voitures sur le terrain de jeux proprement dit…

La bonne nouvelle est que le Collège a demandé au Service des Travaux de dessiner une ébauche de solution permettant de fermer le terrain en l’isolant de l’un des bras du chemin carrossable conduisant au petit « pseudo-parking » du complexe sportif.  Cette solution a le mérite d’exister et de ne pas représenter des coûts de réalisation prohibitifs mais, suite à un examen sur le terrain, notre conseillère Marielle Dewez a proposé une alternative qui a le mérite de conserver au coeur de la plaine de jeux la totalité du chemin en gravier en forme de cercle.  Une alternative qui permet ainsi de conserver un bien sympathique « vélodrome » sécuritaire pour nos apprentis cyclistes…

Las, ici encore, il était trop tard… le SPF avait déjà marqué son accord sur la solution de départ et donc, pas moyen de revenir en arrière… « peur » de mécontenter le fonctionnaire tatillon de Bruxelles !

En synthèse…

Nous avons vécu un conseil tendu, marqué dans le chef du Collège par la peur… Peur de l’opposition, peur de l’extérieur, peur du dialogue, peur de la concertation, peur du courage de décider… Une situation qui n’annonce rien de très positif pour les mois et les années à venir !

1 réflexion au sujet de “La peur…”

  1. Copie de ma publication sur ma page FB:
    23ème point, proposé par les conseillers communaux de l’opposition, la plaine de jeux à Godinne (hélas une fois encore pas LES 2 PLAINES DE JEUX).
    Suite aux injonctions sans appel du SPF, les responsables communaux qui disent bien ne pas comprendre pourquoi il faut le faire, se voient contraints de sécuriser la zone de jeux.
    Hélas, 3 fois hélas, ils optent pour la solution la plus simpliste et donc la moins couteuse (+ou- 7000), c’est à dire de réduire assez bien l’espace de jeux en conservant la barrière principale et en clôturant une partie du chemin de ronde à droite, séparant bien ainsi d’avec le reste de la plaine réservée aux enfants.
    Imaginez les camions de livraisons qui vont devoir reculer dans ce chemin en arrondi!
    Et les enfants vont avoir un espace de jeux réduit et ne pourront plus faire le grand tour à vélo, l’école de Godinne venait avec les élèves pour les faire courir sur cette « piste ». FINI !!
    La conseillère Marielle Dewez et les autres du groupe « La Relève » ont proposé d’autres alternatives bien meilleures pour tous et pas nécessairement bien plus couteuses (ce que je pensais également, c-à-d un ou deux chemins tout droits le long du Tir à l’Arc et le long de la clôture de l’autre côté), bien plus facile pour les livreurs et fournisseurs de services, et bien mieux pour les bambins.
    Est-ce donc si dérisoire, une (deux) plaines de jeux à Godinne?
    Sûrement moins que le centre géographique de la Wallonie, où l’on a dépensé bien plus pour bien moins d’usagers, et moins que l’île d’Yvoir.
    Mais hélas, le projet a été monté sans consulter tout le monde, sans le proposer au conseil communal, et l’accord du SPF est déjà obtenu.
    Il semblerait que malgré la demande insistante de Marielle, Chantal, Patrick, Catherine, Jean-Paul et Marc, la majorité ne voudrait pas revenir en arrière et repenser le projet.
    Et ce qui démontre bien que la majorité ne comprend absolument pas l’importance qu’est cette sécurisation « des cages à poules pour les enfants » (sic), c’est qu’aujourd’hui encore et malgré plusieurs interventions du SPF considérant cela comme INADMISSIBLE, les barrières étaient toujours ouvertes et des voitures garées dans la plaine.
    Personne n’a encore évoqué au Conseil les minimum trois accidents de voitures ayant déjà eu lieu sur cette plaine.
    Personne n’évoque non plus la plaine aux canards rue Grande, si ce n’est Mr. le Bourgmestre qui sous-entendait sa fermeture.
    Bel intérêt pour la vie sociale de notre village.
    Désolant émoticône frown
    G…, « la personne de Godinne qui s’acharne et on ne sait pas pourquoi »
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