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« A cheval donné, on ne regarde pas les dents »…

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Le conseil communal de ce 14 mars s’est ouvert sur une interpellation citoyenne selon les formes prescrites par le Code de la Démocratie Locale et de la Décentralisation (CDLD).  C’est un habitant du quartier du Quesval à Spontin qui souhaitait interpeller le Collège suite à la lettre envoyée fin 2015 par le Bourgmestre à tous les habitants de Spontin.  Rappelons que cette lettre évoquait le projet de création d’une Zone d’Activités Economiques (ZAE) au Quesval.  L’interpellation visait à obtenir des garanties de la part du Collège que tous les travaux et aménagements de sécurité et de mobilité promis par la majorité seraient bien réalisés avant la création de la ZAE.  Le bourgmestre a présenté de manière très précise les divers travaux prévus ainsi que leur calendrier de réalisation.  Les « tourne-à-gauche », « tourne-à-droite » et bande centrale nouvelle à hauteur de l’entrée de la ZAC seront réalisés en même temps que son aménagement et ce, à charge de la Région.  Le renouvellement et l’extension de l’éclairage public sur la rue du Quesval seront réalisés au frais de la commune et seront prévus au budget 2017.  Enfin, la réalisation d’un cheminement doux sécurisé (piétons et vélos) est techniquement possible mais sa réalisation nécessite des autorisations de passage par des propriétaires privés.  Il n’est donc pas possible d’en donner un calendrier de réalisation.  Le bourgmestre a encore ajouté qu’il avait aussi été demandé à la Région d’aménager le carrefour des deux routes régionales au bas de la Drève.

Comme le prévoit le CDLD, l’interpellant a répliqué en prenant bonne note des réponses fournies mais en signalant aussi qu’il avait demandé à un huissier de constater officiellement que le partie inférieure de la rue du Quesval ne permettait pas le croisement sécurisé de deux semi-remorques.

Ce type d’interpellation citoyenne ne peut pas donner lieu à débat au sein du Conseil.  Nous réservons donc nos commentaires, réflexions et analyse à ce sujet pour le Conseil qui aura à se prononcer sur le Rapport Urbanistique et Environnemental du Quesval.  Il est cependant d’ores et déjà clair que le coût des divers aménagements promis dans le cadre de ce projet va poser problème et, en tout cas, le rendre finalement moins intéressant qu’une réhabilitation du site des Sources.

L’ordre du jour « normal » du Conseil de ce 14 mars était riche de nombreux marchés publics dont le lancement a été approuvé à l’unanimité (à l’exception d’une nouvelle installation de chauffage pour l’église de Houx, qui, sur notre proposition, été reporté afin d’être optimalisé):

  • la réalisation du cheminement »doux » entre le CHU de Mont-Godinne et le centre de Mont marquera (enfin) la première réalisation effective du Plan Communal de Développement Rural (PCDR) d’Yvoir (initié en 2009 !)
  • la réalisation d’un nouvel éclairage public sur la rue de la Brasserie constitue l’un des chapitres de la réhabilitation du centre du village de Purnode (autre projet important du PCDR; nous pris bonne note de l’assurance que les divers travaux prévus (égouttage, pose de fibre optique, travaux d’éclairage et travaux lourds de voirie allaient s’intégrer de manière harmonieuse
  • divers marchés de matériel de désherbage mécanique pour l’atelier des travaux

Nous avons également constaté avec satisfaction que la commune allait pouvoir bénéficier des subsides complémentaires « UREPEER » (au total 21.600€) en plus des subsides UREBA déjà acquis pour divers travaux d’isolation dans des bâtiments communaux.

La deuxième partie de l’ordre du jour contenait quelques sujets plus délicats…

Suite à l’échec du projet de construction de 10 logements publics rue du Rauysse à Yvoir, le Collège a proposé au Conseil une re-localisation pour trois de ces logements dont la construction avait été approuvée par la Région dans le cadre du plan d’ancrage (plan de développement du logement public -social et moyen- dans une commune).  Nous avons rappelé que nous étions de chauds défenseurs d’un logement public en quantité suffisante et de qualité sur la commune d’Yvoir.   Toutefois, nous ne considérons pas que le rachat par la commune de bâtiments de l’ancienne gendarmerie d’Yvoir afin d’y installer deux logements publics soit une bonne idée.  Au prix d’achat (200.000€), il faudra ajouter des travaux de transformation assez lourds.  Tout cela pour offrir des logements anciens qui ne répondront pas aux meilleures normes en terme énergétique et qui seront donc coûteux à l’usage pour la commune et pour les locataires.  Nous comprenons bien sûr que l’on ait à réhabiliter des bâtiments anciens appartenant à la commune (comme le presbytère de Purnode) mais de là à en acheter, il y a une différence…  Nous n’avons donc pas approuvé cette proposition de re-localisation.

Le point suivant concernait le rapport d’activité 2015 de la Commission Locale de Développement Rural (CLDR).  Ce rapport avait été présenté à la CLDR au mois de février comme l’exigent les règles du Développement Rural.   Hélas, la version présentée à la CLDR n’était pas la même que celle présentée au Conseil communal.  Si le chapitre 3 du document reprenait fidèlement les remarques formulées lors de la CLDR -ce qui est conforme aux règles-, le chapitre 1 s’était lui enrichi d’une longue introduction de Bertrand Custinne, échevin en charge.  Cette introduction était tout sauf impartiale: certificat d’auto-satisfaction, critiques à l’égard d’anciens membres citoyens de la CLDR, souhait de voir les membres en place se conformer aux volontés exclusives de la majorité, etc.  On a déjà vu plus respectueux des membres de la CLDR !  Une illustration supplémentaire de la tentation autoritaire qui, régulièrement, envahit notre jeune loup local… A côté de ce dérapage regrettable, nous avons cependant reconnu objectivement plusieurs améliorations apportées au fonctionnement de la CLDR: nouveaux groupes de travail, meilleure information des membres, etc.

Sur le fond, nous restons également critiques quant à la gestion du PCDR d’Yvoir.  Nous regrettons notamment l’absence de toute réalisation de projets transversaux, comme la création d’une Agence de Développement Local, le développement d’un portail web pour les associations, la mise à jour du Plan Communal de Mobilité, etc.  La manière d’aborder plusieurs projets nous interpellent également.  Nous sommes plus spécialement revenus sur le projet de salle de village (ou salle rurale) à Mont.  En effet, quelque jours après avoir approuvé l’introduction de ce projet présenté comme subsidié intégralement à 80 % lors du conseil du 1er février, nous avons appris que le projet avait été modifié et que les subsides n’étaient plus demandés qu’à hauteur de 40%.  Un détail qui laisse une ardoise de l’ordre 1.650.000€ à charge de la commune.  On ne peut que constater que le Conseil a été lourdement trompé sur la marchandise.  Comme quoi, il faut parfois « regarder les dents du cheval que l’on vous offre »… Quoi qu’il en soit, il est impératif de revoir fondamentalement ce projet pour s’assurer qu’il se réalise rapidement et de manière beaucoup plus raisonnable sur le plan financier..

Au final, nous avons donc rejeté l’approbation du Rapport 2015 de la CLDR.

Deux points concernaient encore l’octroi de subsides au Syndicat d’Initiative d’Yvoir (SI).  Le premier portait sur le traditionnel subside de fonctionnement octroyé au SI afin de couvrir une partie ses frais de personnel.  Nous avons, avec la majorité, approuvé ce subside mais nous avons tenu à rappeler une nouvelle fois qu’il était indispensable que le local d’accueil du SI, installé dans la maison communal et servant aussi d’accueil central à l’administration communale, soit clairement identifiable pour les touristes (panneau extérieur, enseigne, fléchage, etc.).  Avons-nous été écoutés ?  L’avenir le dira…

Par contre, nous nous sommes montrés beaucoup plus réservés sur l’octroi d’un subside de 80.000€ pour réaménager l’aire de jeu de l’île d’Yvoir.  Ce subside communal vient compléter un subside du CGT de l’ordre de 120.000€.  La présentation du projet à laquelle plusieurs conseillers et membres du Collège ont pu assister est en effet tout sauf convaincante.  De nombreuses questions sont restées sans réponse quant à la mise en oeuvre des nouveaux jeux (sécurité, résistance aux inondations, entretien, compatibilité avec la halte fluviale).  Les imperfections ont été reconnues et une réunion de crise a été planifiée avec l’architecte responsable du projet.  Dont acte mais, dans un tel contexte incertain, nous n’avons pas voulu cautionner une telle intervention financière de la commune et nous nous sommes abstenus.  Nous en avons profité pour rappeler que, à côté de ce projet coûteux à vocation touristique et très saisonnière, la plaine de jeu de Godinne est toujours dans un état de délabrement scandaleux et que cela nous gênait également.  Promesse a été faite d’une remise en état avant la belle saison… sans précision de l’année ?

Suite à des interventions faites en 2015 et lors du dernier conseil communal, nous avons encore assisté à deux intéressantes présentations.

Jean-Claude Deville a présenté un premier état des lieux de l’informatique communale.  Nous avons salué le principe de l’exercice -qui n’avait encore jamais eu lieu dans notre commune- mais nous avons aussi souligné le fait qu’il s’agissait d’une toute première étape.  On peut s’étonner qu’après 3 ans de mandature, on n’en soit pas plus loin dans ce dossier très important pour la commune.  Sur base l’analyse en cours réalisée par le nouvel informaticien de la commune (fin prévue en avril 2016), il faudra s’organiser pour faire en sorte que l’informatique soit vraiment un outil de productivité et d’efficacité au bénéfice de tous les services de l’administration communale (y compris les « travaux ») et de tous les citoyens.  Nous suivrons bien sûr attentivement ce dossier.

Etienne Defresne, de son côté, a présenté l’état du projet de la réhabilitation du corps de logis de la Vieille Ferme à Godinne.  Ce projet -indispensable à la sauvegarde de ce très beau bâtiment classé mais aussi au développement de la bibliothèque- est né il y a de nombreuses années déjà.  La facture avoisine maintenant 1.900.000€ (dont 822.000€ de subsides « Patrimoine » certains).  A ce montant risquent encore de s’ajouter de nouvelles factures puisque l’état de la toiture est  brusquement jugé préoccupant !

Sensibles à la problématique du dumping social qui trop souvent entache la réalisation des marchés publics (recours à des sous-traitants peu scrupuleux sur le plan social ou environnemental), les trois chefs de groupe du conseil ont élaboré ensemble un projet de motion et une déclaration sur l’honneur destinée aux adjudicataires de marchés afin de limiter les effets nocifs de ce dumping sur notre commune d’Yvoir.  Ce texte a été adopté à l’unanimité.

Enfin la séance publique du conseil s’est terminée par les questions dont nous avions demandé l’inscription à l’ordre du jour.  En bref:

  • La création d’une aire de co-voiturage à proximité de la E411 semble bien appuyé par le Collège qui doit rencontrer prochainement l’ASBL Taxistop à ce sujet.  Ce projet s’inscrirait dans le cadre d’un appel à projet lancé par le Ministre wallon de la Mobilité.  Nous en avons profité de rappeler que plusieurs endroits sont déjà actuellement utilisés à cette fin, près de l’autoroute mais aussi autour de la gare de Spontin.  Il serait utile non seulement de créer une aire digne de ce nom à côté de la sortie de l’autoroute mais aussi de mieux organiser les abords de la gare (signalisation, libérer l’accès aux salles de la gare des voitures-ventouses qui y stationnent, etc.)
  • La commune d’Yvoir a soutenu la réalisation à Durnal, d’une stèle commémorant deux faits de guerre survenus dans le village lors de la 2ème guerre mondiale.  Nous avons été heureux d’apprendre que l’inauguration de ce petit monument du souvenir avait enfin été planifiée le 29 mai 2016, en concertation avec la fabrique d’église de Durnal et les écoles.
  • Nous étions revenus sur la question des recettes générées par l’activité des carrières sur Yvoir.  Le bourgmestre nous a livré une exposé détaillé sur le sujet.  C’est ainsi que, en tenant compte des taxes spéciales (répartition, explosifs, force motrice) et des loyers perçus (pour les carrières exploitant des terrains communaux), on arrive -en tenant compte également des activités nouvelles développées à Chansin- à un montant de l’ordre de 280.000€ de recettes annuelles directes générées par ce secteur traditionnel.  Il faut bien sûr espérer que certaines mesures prévues par la Région wallonne ne réduisent pas ces montants…  A suivre donc !

Ce très long conseil s’est terminé vers 23H…

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