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Conseil communal du 18 décembre 2017

Temps_Innocence
Il était une fois une administration communale où la bonne entente, la confiance et le respect mutuel était la règle… C’était avant.

Comme le veut la tradition, l’ordre du jour du conseil communal de ce 18 décembre était chargé.  On y retrouvait pêle-mêle le budget 2018 de la commune, des marchés publics à passer avant la fin de l’année, diverses conventions engageant la commune mais aussi, à huis-clos, une décision particulièrement difficile sur le plan des ressources humaines.

En introduction à la discussion du budget, le Bourgmestre a délivré une présentation synthétique des budgets ordinaires (les dépenses et recettes courantes) et extraordinaires (les investissements et leurs financements) pour l’année 2018.

Au rayon des investissements, nous retiendrons principalement, outre les traditionnels entretiens de voirie (800.000€)  le lancement (enfin) des études en vue d’agrandir et de rénover la maison communale (200.000€), l’aménagement de portes de village (380.000€ dans le cadre du Plan Communal de Développement Rural), la sécurisation du carrefour de la poste à Yvoir (75.000€), l’agrandissement de l’école d’Evrehailles (465.000€), le projet de centre sportif à Godinne (1.850.000€ hors étude), la grosse maintenance de la salle du Maka (260.000€), l’aménagement d’une plaine multi-sport à Durnal (225.000€), des travaux d’égouttage, rue d’Evrehailles à Yvoir (150.000€).  Au total, 6.000.000€ d’investissements sont ainsi prévus en 2018 financés pour un gros tiers par des subsides, un autre gros tiers par l’emprunt et le solde, un gros quart, par fonds propres de la commune.

Il était prévisible que la politique généreuse mais parfois discutable d’investissements  déjà constatée depuis l’arrivée au pouvoir d’Etienne Defresne se poursuit et s’amplifie même à l’approche des élections 2018.  Cette politique est bien sûr facilitée par le bas de laine de la commune d’Yvoir constitué au cours des années « Ovide Monin ».  Grâce à cela, notre commune n’est pas (encore) dans le rouge mais les chiffres montrent cependant que la prudence s’impose.  Le budget 2018 présente des clignotants dont il faudrait tenir compte:

  • le boni attendu à l’exercice propre ordinaire s’élève à 151.000€ sur un budget ordinaire de l’ordre de plus de 10.500.000€ (soit moins de 1,5%) et ce malgré une hausse des additionnels à l’IPP, une hausse de l’intervention du fond des communes, la prise en charge des emprunts « Arsenal » par la zone DinaPhi, etc.
  • il a fallu « pomper » 200.000€ sur le fond de réserve ordinaire de la commune pour ré-alimenter le fond de réserve extraordinaire (qui sert à financer les investissements)
  • malgré ce transfert de 200.000€ et la vente de terrains à bâtir pour 200.000€ à Spontin, le niveau attendu du fond de réserve extraordinaire n’a jamais été aussi bas (560.000€)

Ces chiffres montrent que les années à venir risquent fort d’être difficiles pour les finances communales.  Que ce soit en matière de contribution communale à la zone de secours, de charges de pension, de charges des emprunts ou encore e de coût de l’énergie, on s’attend à des augmentations parfois très significatives pour les toute prochaines années.  Il aurait donc été particulièrement utile de disposer -comme le demande la tutelle de la région wallonne- d’un tableau budgétaire pluri-annuel permettant d’anticiper l’évolution des différents grands postes du budget.  Cet exercice aurait permis en particulier une approche plus fiable des charges d’emprunts, un point qui reste très mal maîtrisé à Yvoir et que nous mettons en évidence de manière continue.  Malheureusement sur tous ces points, nous restons sur notre faim.  Yvoir n’a pas cru bon de se livrer à cet exercice.

Enfin, nous n’avons pas manqué de relever l’évolution sensible du poste « frais d’avocats », habituellement très faible à Yvoir.  Une partie non négligeable de ces frais concerne des litiges opposant l’administration à des membres du personnel.  Ce qui fait s’interroger notre conseillère Chantal Eloin-Goetghebuer:  « gère-t’on maintenant  le personnel à Yvoir par avocats interposés ? »

En conclusion et compte tenu

  • des éléments qui viennent d’être évoqués
  • de certains investissements que nous estimons sur-dimensionnés ou pas suffisamment étudiés (complexe sportif)
  • de l’absence d’une politique d’investissement vraiment volontariste en matière d’économies d’énergie
  • de l’absence de présentation d’une véritable politique des Ressources Humaines pour 2018 et au-delà (quantité, qualité, organisation,…)
  • de l’absence de certains investissements promis ou jugés prioritaires depuis de longues années (mise à niveau du site web de la commune et création d’un portail des associations, création d’un cheminement piéton entre le quartier du Quesval et la gare de Spontin, aménagement des locaux du patro de Godinne, installation d’un radar sur la rue Grande à Godinne, etc.)

notre groupe n’a pas voté le budget 2018.

Parmi les nombreux autres points à l’ordre du jour, beaucoup n’ont pas fait l’objet de discussion et ont été approuvés à l’unanimité: dotation communale à la zone de police (668.000€), dotation communale à la zone DinaPhi (493.000€ en 2018, cette hausse de 10% sera suivie en 2019 au minimum d’une nouvelle hausse de 10% !), plusieurs marchés publics (éclairage du parc et de l’escalier de l’école à Spontin, achat d’un véhicule, …), location de patrimoine privé à des tiers, adhésion à diverses initiatives supra-communales, etc.

Nous avons également voté la décision de ne pas lever en 2018 la taxe de répartition sur les carrières (75.000€) dans la mesure où la Région wallonne compense ce montant au profit de la commune.  Il s’agit donc d’une opération blanche pour la commune et un avantage important pour les carriers (octroyés en compensation de la taxe kilométrique qui les touche fortement).  Nous nous réjouissons de cette décision de la commune.  Le même mécanisme était déjà en application en 2017 et nous avions proposé de l’appliquer alors.  Nous avions aussi proposé d’en profiter pour négocier avec les carriers l’une ou l’autre compensation en terme -par exemple- d’une meilleure gestion des flux de camions sur la rue du Redeau à Yvoir.  Notre proposition n’avait malheureusement pas été suivie par le Collège qui a fait perdre ainsi aux carriers de la commune un avantage financier et, à la commune, l’opportunité de négocier des améliorations en matière de charroi.

Le lancement des premières études de deux projets dans le cadre de l’opération « Namur, province au fil de l’eau » a également suscité plus de commentaires.  L’un des deux projets concerne la réhabilitation du cheminement piéton longeant la Meuse entre le pont d’Yvoir et le pont de Houx ainsi que la création d’un petit belvédère et d’une rampe d’accès facilitant l’accès des vélos sur le pont du chemin de fer de Houx.  Ce projet est concret et répond à de vrais besoins; une grosse partie des travaux devrait être financée par la Région wallonne, une petite partie par la commune d’Yvoir.  Nous avons approuvé le lancement des études relatives à ce premier projet.  Par contre, le 2e projet – extrêmement coûteux (plus de 800.000€)- concerne les berges de Meuse entre la rue Eugène Isaye et l’ancien home des Hêtres Pourpres à Godinne.  Les premières esquisses de ce projet n’étaient absolument pas convaincantes et les sources de financement peu claires: nous nous sommes par conséquent abstenus sur ce projet.

Enfin, le Conseil avait aussi à approuver l’octroi d’un prêt de 60.000€ sans intérêt au profit de l’ASBL « Le Patrimoine de Godinne » dans le cadre de l’extension du Musée archéologique de Godinne et de sa reconnaissance comme Musée de la haute Meuse Préhistorique (MhMP) (classe C) par la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB).  Nous soutenons totalement le projet porté par la très dynamique équipe dirigeante du MhMP mais nous estimons que l’octroi d’un crédit de cette importance à une ASBL dont la surface financière est réduite nécessite un certain nombre de conditions telles que: le plan stratégique du projet, des garanties sous la forme au minimum d’une remise de la lettre de promesse de subsides de la FWB, un plan financier pluti-annuel démontrant la viabilité du projet, etc.  Aucun de ces éléments n’étant disponibles, nous n’avons pas voté ce point.

Enfin, à huis-clos, le Conseil avait à se prononcer sur la fin de stage et la non-nomination définitive de la Directrice Générale en place depuis le 1er janvier 2016.  Ce point a été voté par bulletins secrets 11 « pour », 6  « contre » et 1 « abstention ».

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